Le parlement tunisien a amendé mardi la loi électorale en vigueur, de sorte que l’homme d’affaires Nabil Karoui, propriétaire d’une chaîne de télévision critique envers le gouvernement, ne pourra plus être candidat à l’élection présidentielle prévue cette année.
L’amendement stipule en effet que la commission électorale tunisienne se doit de rejeter les candidats qui tirent parti d' »associations caritatives » ou bénéficient de financements étrangers durant les 12 mois précédant la tenue d’une élection présidentielle.
En avril, des policiers ont fait irruption dans les bureaux de la chaîne de télévision de Karoui, Nesma, et l’ont interdit d’antenne en raison d’accusations de violation des règles de diffusion. Nesma a estimé qu’il s’agissait de manoeuvres politiques destinées à faire taire une voix critique.
Nabil Karoui, que les sondages présentent comme le favori de la présidentielle, devant le Premier ministre et le chef de l’Etat sortant, a estimé que l’adoption de l’amendement mardi par les députés représentait un « revers cuisant pour la démocratie naissante ».
« Il s’agit d’une loi destinée à m’exclure de la course, alors même que les sondages montrent que des millions de Tunisiens ont l’intention de voter pour moi », a-t-il dit à Reuters.
Nabil Karoui a créé la Fondation Khalil Tounès en 2017 pour venir en aide aux nécessiteux à travers le pays.