Le café presse politique était encore dans les limbes de la nuit américaine et surtout encore sous le choc du réveil. Donald Trump président des Etats Unis d’Amérique.

 

Deux lignes de réaction dans le café presse politique CPP de RadioM animé par Khaled Drareni, dans ce Day After. Celle qui juge « désastreuse » l’élection de Donald Trump à la Maison blanche : « une prime à la haine et au racisme, qui conduisent quand même au poste de l’homme le plus puissant du monde. Que cela soit encore possible dans la modernité de 2016 est un naufrage moral ». El Kadi Ihsane est un peu bien seul sur le front de l’indignation. L’autre ligne de réaction n’est pas émotionnelle. Abed Charef préfère expliquer – non sans mettre sur le même pied d’égalité les profanations racistes de Trump et les mensonges électoraux de Hollande- le décalage persistant entre les élites – et leurs médias- et le peuple « c’était vrai chez nous en 1990. C’est le cas maintenant dans ces pays avancés ». Hassan Haddouche, va jusqu’à se réjouir « d’une démocratie américaine vivante » ou le peuple arrive à se débarrasser de la main mise des élites sur la vie politique et économique. Autant dire que la tension était palpable dans le studio de RadioM avec des réactions aussi divergentes. Arbitrage bienvenu de Kamel Manseri qui pointe l’archaïsme du système électoral américain. Hillary Clinton a gagné le vote populaire (plus de voix pour elle), mais perd l’élection à cause du système des grands électeurs, « il y a quelque chose à revoir la dedans quand. Je tiens à le dire aux américain eux qui sont prompts à donner des leçons de démocratie aux autres ».

Le président ne ressemblera pas au candidat ?

Autre sujet de discorde autour de Donald Trump, son niveau de dangerosité pour la paix et la croissance économique dans le monde. Point de vue dominant dans le CPP ; « le président Trump ne ressemblera pas au candidat Trump. Il va découvrir la réalité des engagements internationaux des Etats Unis et s’adapter» . Aucune certitude en réalité. Le candidat Trump ne peut pas se libérer de toutes ses promesses électorales d’un trait de plume. Il y a au moins ses promesses de protéger l’économie américaine des dégâts du libre échange qu’il devra en partie tenir. Promesse de tensions mondiales. La relation avec le Brexit et la tendance au repli sur soi des pays centraux de la mondialisation est remarquable. La aussi ; la mécanique de « la mondialisation n’est pas remise en cause » aux yeux de Hassan Haddouche. « L’élection de Trump est même un épiphénomène de ce point de vue là » pour le journaliste économique de RadioM et Maghrebemergent . Discorde avec El Kadi Ihsane qui voit un tournant dans le mouvement qui a fait triompher le capitalisme dans le monde depuis 1945 « puisque la mondialisation est contestée dans ses centres historiques ». Un semblant de consensus sur le plateau, le poids des contre pouvoirs institutionnels américains, qui peut désarçonner en partie le pouvoir du nouveau locataire de la Maison Blanche. Même si le congrés absolu du Congrés par les américains n’est pas tout à fait rassurant sur l’efficacité de ce contre pouvoir.

Message de félicitations grenoblois.

Et l’Algérie dans tout cela ? Kamel Manseri a fait un rappel des instruments institutionnels du dialogue Etats Unis-Maghreb et du bilatéral Etats Unis–Algérie. Pour conclure que ces processus, dont quelques uns initiés par les républicains, ne vont pas avancer à la même allure avec l’administration Trump. Trop excentré de ses préoccupations. Mais la feuille de route des néoconservateurs va sans doute revenir sur la table pour la région à laquelle appartient l’Algérie. Donald Trump est hostile aux énergies renouvelables et ne croit pas au réchauffement climatique. De beaux jours pour le pétrole de schiste et le gaz de schiste. Et donc pour la bulle de l’offre d’énergie fossile qui limite les revenus de l’Algérie avec la chute des prix du pétrole depuis 2014.Le vrai problème de l’Algérie dans sa relation au reste du monde est en fait abordé en toute fin de mission du CPP. Nouveau séjour médical du président Bouteflika à Grenoble. Et brouillard un peu plus épais sur l’avenir politique du pays.

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