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La secrétaire exécutive a également précisé que l’action la plus importante et la plus urgente consistait à créer « l’espace fiscal ».

Les participants à la Conférence des ministres de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) de l’ONU qui se tient  à Addis Abeba (Éthiopie) ont insisté sur la possibilité selon laquelle la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) devienne un outil puissant pour stimuler l’industrialisation, la diversification économique et le développement.

Cet événement de 4 jours, a pour but de faire progresser cette initiative ambitieuse visant à former un marché commun régional qui, selon la CEA, pourrait faire passer le commerce intra-africain de 16 % à 52 % d’ici à 2022.

Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA, a déclaré que, pour concrétiser l’ambition de l’AfCFTA et atteindre ses objectifs de développement, le continent devait prendre des « mesures audacieuses» sur plusieurs fronts. « Nous devons exploiter la dynamique qui existe aujourd’hui, afin de mettre en œuvre l’accord et de réaliser son potentiel de manière à ce qu’il profite à l’Africain moyen », a-t-elle affirmé lors de la 51e séance de la Conférence des ministres.

La secrétaire exécutive a également précisé que l’action la plus importante et la plus urgente consistait à créer « l’espace fiscal » permettant de favoriser les investissements publics et privés, tout en assurant une diversification économique, en vue de créer des emplois.

Elle a également fait part de ses inquiétudes sur le fait que l’AfCFTA pourrait causer des pertes de recettes douanières conduisant à des ‘trous’ dans les budgets nationaux. Mais les répercussions de l’AfCFTA sur les taxes appliquées aux biens importés et exportés, seront « faibles et progressives », selon la secrétaire exécutive qui a expliqué que « les revenus supplémentaires liés à la croissance générée par l’AfCFTA pourraient l’emporter sur les pertes de recettes douanières ».

Elle a exhorté les gouvernements africains à revoir de manière plus large les politiques macroéconomiques, en particulier, les mesures fiscales, afin de s’assurer qu’elles permettent de tirer le meilleur profit de l’AfCFTA. « Nous devons accroître les recettes fiscales, améliorer l’efficacité de la gestion des dépenses publiques, lutter contre les flux financiers illicites et développer les financements privés pour les projets publics », a ajouté Vera Songwe.

Cette année, la conférence intervient peu de temps après la ratification de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine par 44 pays, tandis que 50 pays au total ont signé soit l’accord, soit la déclaration de Kigali marquant leur engagement vis-à-vis du projet panafricain visionnaire. Le jeudi 11 mai, le Kenya et le Ghana ont remis à la Commission de l’Union africaine les documents ratifiant le libre-échange continental, devenant ainsi les deux premiers pays à franchir le pas.