Des dizaines de milliers de manifestants sont sortis ce vendredi à Alger comme chaque vendredi depuis le 22 février dernier. Dès 9h30, un dispositif sécuritaire impressionnant a été installé à Alger-centre et surtout aux abords de la place de la Grande Poste.

Pour ce 13ème vendredi de révolte populaire contre le système en place, les services de sécurité ont bloqué les accès aux escaliers de la Grande poste, un lieu symbolique de la protestation.

Ce n’est que vers 14H55, que les manifestants ont pu libérer les escaliers et pousser les policiers anti-émeutes à se replier. La scène de la libération de la Grande poste a donné lieu à un moment d’euphorie dans les rangs des manifestants.

Le vendredi passé, le chef d’Etat-major Ahmed Gaid Salah était visé d’une manière directe par les manifestants qui le considéraient comme « un symbole parmi d’autres du régime » (Wahed men Elissaba ». Rien n’a changé depuis la semaine passée. Les Algériens « ont compris le jeu de l’institution militaire qui veut s’accaparer le pouvoir absolu ». Mais la rue dit autre chose : « Daoula Madania, machi Caserna » (un Etat civil et non une caserne ». Les manifestants ont aussi scandé longuement dans le boulevard Amirouche « Gaid Salah wahed Men Elissaba ».

Les deux chaines de télévision privées, Elchourouk Tv et Ennahar Tv ont été visées d’une manière directe. « Ennahar ou Elchourouk sahafat Elaar » (Ennahar ou Elchourouk une presse de la honte), ont scandé les manifestants.

Lors de notre passage devant l’entrée de la Fac centrale, une journaliste d’Elchourouk TV et son cameraman ont été pris à partie par un groupe de manifestants. La journaliste a été presque lynchée, si ce n’est l’intervention de certaines personnes.