Ils l’ont fait, ils l’ont osé, ils l’ont préparé, ils l’ont exécuté, ils l’ont habillé.

Voilà qu’encore une fois, l’Algérie vit des heures sombres d’un régime militaire qui depuis la prise en main de fer du destin de ce pays sous des apparences de velours ou de toile kaki, nous a produit le coup d’état médical annoncé sans auto-satisfaction pour février, et qui a du subir quelques ajustements, résistances médicalo-helvétiques, pour se produire pendant ce mois d’avril qui vacille entre un printemps démocratique et un poisson d’avril démocratique, tant les manœuvres les plus sombres d’un régime honnis, en surcis, veut nous vendre un ravalement de façade pour sauver ses œuvres de bric et de broc qui n’ont d’esthétique qu’un cubisme qu’affectionne les clientèles de ce régime et les adeptes du réalisme socialiste, arc-boutées dans une aigreur du temps passé, incapables de voir leur temps dans ce que la modernité produit de mieux, la richesse de la diversité artistique et le dépassement des frontières du possible par la déconstruction des frontières imaginaires qu’on nous a martelé depuis l’enfance, et qu’on nous vend comme l’expression la plus souveraine de notre avenir.

Peut-on encore espérer en ce printemps une révolution des œillets quand nos caciques préfèrent la floraison éphémère des opuntioïdées, piquant toute agression qui ne figure pas dans cette barbarie, et offrant aux inconditionnels de la démocratie, un fruit qu’il sera bien amère de digérer, tant cette salade de saison n’aura rien de sauvage, de pétillante, mais du surgelé des années les plus sombres de ce régime qui bouclera dans sa décongélation une transition qu’elle voudra la plus rapide et maîtrisée, nous expliquant comme un bon médecin qui prodigue ses conseils à ce corps national malade, que de risque de parasites et autres virus au nom bien scientifiquement pondu, nécessitera une consommation accélérée de sa soupe au risque de devenir avariée. 

Il y aura toujours ceux qui affamés, préféreront se nourrir du moindre condiment, car leurs papilles ont été si privées des riches saveurs de ce monde, biberonés aux mamelles de la rente et ses dérivés, jusqu’à l’intoxication, et il se pourrait qu’il y ait quelques papilles qui ayant goûté aux plaisirs de la liberté, du dépassement du champs du possible, nous chantent un hymne à la joie. Je crains que le temps est plus à la marche de Schubert, à du Moufdi Zakaria revisité, car le vrai lui avait préféré s’exiler en Tunisie que de subir la dégénérescence d’un régime despotique et anachronique.

Militant pour une Algérie meilleure.